Ces gants traduisent la langue des signes en langage parlé

Cette paire de gants SignAloud a été conçue pour combler le fossé de communication entre les entendants et les malentendants. Ses inventeurs ont reçu un prix étudiant Lemelson-MIT de 10 000$ pour cette réussite. Les gants sont équipés de senseurs et connectés par Bluetooth à un ordinateur. Chaque geste reconnu par la machine déclenche la lecture de la phrase ou du mot, via un haut-parleur.

Navid Azodi and Thomas Pryor, étudiants à l’université de washington, ont ainsi travaillé sur leur temps libre dans le but de créer un objet confortable et léger, au contraire des appareils déjà disponibles qui prennent tout le bras où pèsent bien trop lourd.

Ils ont l’espoir que grâce à leur ergonomie, ces gants deviennent d’un usage aussi courant que les lentilles de contact ou les aides auditives. Ils pensent également qu’ils pourraient être utiles à la réhabilitation de patients après des attaques, ou pour améliorer l’expérience utilisateur d’une réalité virtuelle.

gant-langage-signe

5 thoughts on “Ces gants traduisent la langue des signes en langage parlé

  1. Bonjour,

    Pour comprendre rapidement les limites de ce type de technologies, il suffit de s’intéresser un instant à la langue des signes (et non langage comme on le lit ici ou là).

    La langue des signes (qui n’est pas internationale la française est différente de l’allemande qui est différente de l’anglaise qui est différente de l’américaine…) est une langue vivante et complexe. Comme toute langue, elle évolue et possède une pleine capacité d’expression et d’abstraction, ce qui me permet (je suis interprète en lsf) de traduire aussi bien un entretien médicale, qu’une conférence philosophique, une cérémonie religieuse, un cours de mathématiqueâ?

    Il ne faut pas croire que c’est une simple succession de signes. Elle possède sa propre syntaxe qui est intimement liée à la perception visuelle, puisque cette langue répond à une logique visuelle et non auditive. La grammaire de la LSF n’est pas identique à celle du français (par exemple la place des mots dans la phrase n’est pas la même). Elle se construit comme un plan au cinéma. D’abord le temps (passé présent futur) ensuite le lieu (cela se passe où) puis les acteurs (qui ?) et enfin l’action (le verbe).

    Les signes sont basés sur l’utilisation des mains (donc ok pour les gants) mais aussi du regard et de l’espace, des expressions du visage : les configurations des mains, leur emplacement, leur orientation et leur mouvement forment des signes qui équivalent à des mots, disposés devant soi comme sur une scène de théâtre. La disposition de ces signes, ainsi que la direction du regard, permettent de visualiser les relations (actif, passifâ?), le temps (signes tournés vers l’arrière pour le passé, vers l’avant pour le futur). Le visage et le mouvement des épaules servent aussi à exprimer les nuances du discours par exemple l’ironie, le doute, la fermeté…

    Bref tous ces éléments que des gants ne pourront pas percevoir.

    Au mieux, ils pourront traduire quelques signes en mots mais sans lien les uns avec les autres.

    Stéphan Barrère
    Interprète F-LSF
    ww.ilsf.fr

      1. Au pire on les utilisera pour comprendre les italiens…
        Maître de la boîte, tu vas pouvoir faire une catégorie « projets arduino ou raspberry » c est au moins le troisième (nana qui invente des robots inutiles, et affiche publicitaire dynamique dans le metro)

Les commentaires sont fermés.