Les criminels de Newcastle en 1872

Toutes les personnes présentes sur ces photos ont été arrêtées et condamnées à Newcastle en Angleterre entre 1872 et 1873.

Les portraits sont moins beaux que ceux réalisés quelques années après en Australie mais il est intéressant de voir les larcins et les peines correspondantes à l’époque.

William Brankston, 43 ans, reconnu coupable d’avoir volé quatre lapins, condamné à 1 mois
John Bryan, 29 ans, reconnu coupable de vol de plomb, condamné à 4 mois
Ann Burns, 18 ans, reconnue coupable d’avoir volé un gilet, condamnée à 1 mois
Charles Burns, 19 ans, reconnu coupable de faux prétextes, condamné à 3 mois
Jane Cartner, 22 ans, reconnue coupable d’avoir volé une montre en argent, condamnée à 6 mois
Thomas Dixon, 20 ans, reconnu coupable de vol d’argent, condamné à 6 mois
Mary Catherine Docherty, 14 ans, reconnue coupable d’avoir volé du fer, condamnée à 7 jours de travaux forcés
James Donneley, 16 ans, reconnu coupable d’avoir volé des chemises, condamné à 2 mois
John Duffy, 16 ans, reconnu coupable d’agression et de vol, condamné à 6 mois
Jane Farrell, 12 ans, reconnue coupable d’avoir volé 2 bottes, condamnée à faire 10 jours de travaux forcés
Catherine Flynn, 34 ans, reconnue coupable d’avoir volé l’argent d’une personne, condamnée à 6 mois
William Harrison, 51 ans, reconnu coupable d’obtention d’avoine par faux semblant, condamné à 12 mois
Robert Hardy, 21 ans, reconnu coupable de vol de bière, condamné à 4 mois
William Hill, 28 ans, reconnu coupable de vol de champagne, condamné à 6 mois
Catherine Kelly, 17 ans, reconnue coupable de vol de linge de lit, condamnée à 3 mois
George Lamb, 17 ans, reconnu coupable d’avoir volé de l’argent, condamné à 4 mois
Margaret McCann, 24 ans, reconnue coupable d’avoir volé l’argent d’une personne, condamnée à 6 mois
Alice Mullholland, 18 ans, reconnue coupable d’avoir volé une paire de bottes, condamnée à 3 mois
Patrick O’Neill, 19 ans, reconnu coupable d’entrée par effraction dans des maisons, condamné à 18 mois
Mary Patterson, 25 ans, reconnue coupable de vol de volailles, condamnée à 6 semaines
John Reed, 15 ans, reconnu coupable d’avoir volé de l’argent, condamné à 14 jours de travaux forcés et 5 années de « reformation »
James Richley, 30 ans, reconnu coupable de vol de trépieds, condamné à 7 jours de travaux forcés
John Romain, 64 ans, reconnu coupable d’avoir volé des vêtements, condamné à 14 jours de travaux forcés
Mary Ann Ross, 34 ans, reconnue coupable de vol de l’argent en tant que prostituée, condamnée à 6 mois
William Salmon, 18 ans, reconnu coupable d’avoir volé des vêtements, condamné à 6 mois
James Scullion, 14, reconnu coupable d’avoir volé des vêtements, condamné à 14 jours de travaux forcés
Edward Shevlin, 32 ans, reconnu coupable d’avoir volé un manteau, condamné à 6 mois
Isabella Smith, 60 ans, reconnue coupable d’avoir volé de la volaille, condamnée à 6 semaines
William Smith, 25 ans, reconnu coupable de vol d’argent et d’échelles, condamné à 2 mois
Thomas Smith, 32 ans, reconnu coupable de fraude contre un gentlemen, condamné à effectuer 3 mois
Henry Leonard Stephenson, 12 ans, reconnu coupable d’entrée par effraction dans des maisons, condamné à 2 mois
John Storey, 32 ans, reconnu coupable d’avoir volé du bois, condamné à 1 mois
Ellen Woodman, 11, reconnue coupable d’avoir volé de fer, condamnée à 7 jours de travaux forcés
John Taylor, 26 ans, reconnu coupable d’avoir volé une truelle, condamné à 1 mois
Ezéchiel Yates, 35 ans, reconnu coupable d’avoir volé du tabac, condamné à 6 mois

Ces images viennent du Tyne and Wear Archives and Museums.

 

33 thoughts on “Les criminels de Newcastle en 1872

  1. A l’époque, on ne considérait pas la prison comme un moyen de réhabilitation, mais comme un moyen de punition. L’Angleterre victorienne enfermait ses pauvres au lieu de les aider.

    Aujourd’hui, on pense à la gradation : mettre qqn en prison directement n’a un effet dissuasif que pour des personnes qui ne réfléchissent pas et ne voit que l’aspect punitif d’une peine. On cherche aujourd’hui à prévenir la récidive (qui est énorme en ce qui concerne le vol, d’ailleurs), plus qu’à punir l’individu. C’est plus difficile, moins racoleur, mais à long terme plus intéressant que de punir à tout va.

    C’est pourquoi on considère que donner tout d’abord du sursis (qui n’existait pas à l’époque) est une manière de laisser une chance. Si la personne commet un nouveau délit dans les 5 ans qui suivent la condamnation (7 ans si c’est déjà un récidiviste) elle est non seulement de nouveau condamnée, mais son ancien sursis peut être rajouté à la peine : elle a rompu le contrat, elle paye.

    En plus, il faut se remettre dans le contexte de l’époque : voler un mouchoir permettait à un homme de vivre pendant 3/4 jours, par exemple. Une montre, c’était une semaine. 80% des femmes pauvres se prostituaient. POur deux penny, on dormait une nuit dans un chambre de 12m² avec 8 autres personnes ; pour un pence, on dormait à la corde. La passe coutait 2 penny, par exempl ; et un mouchoir, selon la matière, de 5 à 10 penny.

  2. Et les gars qui volent plusieurs millions prendront dans tous les cas moins que celui qui a volé une pomme.

      1. A mon avis, ces personnes ne buvaient pas de petit lait, le soir.

        venez voir des vrais alcooliques, et vous verrez. Je connais quelqu’un, on lui donne facile 45 ans, il est né en 82…

        1. Krieghund, je pense que tu mélange un peu tout.
          en 1872, le niveau de vie n’était absolument pas le même que maintenant, et l’alcool n’avait rien à voir dans tout ça.
          les gens n’avaient pas de médicaments, le confort moderne n’était même pas concevable.
          il y’a 150 ans, un homme de quarante ans était aussi vieux qu’un homme de 70 maintenant. et atteindre 60 ans, c’était comme atteindre cent ans maintenant.

          1. Mon grand pere (né en 1920) travaillait dans une usine quand il était enfant. A la pause c’était un verre de vin rouge pour les gosses, alors que pour les ados et adultes c’était un quart de rouge. Après le boulot certains mettaient leur paye dans les bistrots (certains bistrots distribuaient même les salaires pour le compte des entreprises, et s’auto-remboursaient les ardoises les jours de paye).
            Je pense que l’alcool jouait son rôle aussi dans le vieillissement prématuré. Ce n’était certes pas le seul responsable…

            Les hivers rudes, qui poussaient au vol de manteaux et de gilets…

  3. Il faut aussi replacer les peines dans l’histoire générales des peines et délits. Chaque époque met l’accent sur un délit ou une transgression différente.

    Pendant l’époque moderne (18e siècle), c’était sur le meurtre que l’accent était mis et l’indulgence qui prévalait auparavant (la peine de mort était peu appliquée en cas de meurtre quand le criminel était jeune) tend à disparaitre. Au 19e siècle, c’est le vol et la mendicité qui sont mis à l’index. le travail devenant la valeur majeure, voleur et mendiant deviennent les criminels absolus, les ennemis de la société. Les peines montrées ici reflètent ces valeurs. Les voleurs étaient condamnés à de lourdes peines de prisons, les mendiants forcés de vivre dans des maisons pour pauvres (où les conditions de vie étaient effroyables…)

    Actuellement, on considère les crimes et délits sexuels comme la pire des choses, et c’est pour cela que l’on ne parle dans les journaux (sans en connaitre la réalité, le plus souvent, au profit d’un sensationnalisme qui exacerbe les bas instincts), et que l’on leur nie la possibilité de changer.

    Chaque époque ses crimes et délits.

  4. Oh p**** ! Charles Burns est le sosie de Justin Timberlake et Thomas Dixon ressemble à Joaquin Phoenix !!

    1. ah, j’ai posté un commentaire là dessus ;) j’avais pas vu que l’erreur était signalée).

  5. Autres temps, autres moeurs. Je ne peux m’empêcher de penser que les enfants (la plus jeune à 11 ans !!) ne faisaient qu’obéir à des plus adultes et qu’ils n’avaient probablement pas d’autres moyens de subsistances.

    1. Qu’ils n’aient pas d’autres moyens de subsistance, c’est probable. C’est plus que probable, même.

      Qu’ils soient poussés à obéir à des adultes, j’en doute, personnellement, m’étant un peu intéressé à la période.

      Les Faggins de Dickens sont du pur mythe. Ce qui ne l’est pas, ce sont les conditions de vie des pauvres de cette époque.

      Sans autres moyens de subsistances, mis à part les véritables mouroirs qu’étaient les orphelinats (et je parle même pas des sévices), les gamins pratiquaient vols et rapines sans que les adultes ne les y poussent. Et si ils n’étaient pas orphelins, pas besoin d’un père ou d’une mère violent pour se lancer dans la truanderie, juste une question de survie.

      Et, à 12 ans, les petites filles commençaient à se vendre… On a estimé, à l’époque, que 80% des ouvrières d’une usine (donc des femmes qui travaillaient), avaient déjà vendu leur corps. Imaginez quand vous ne travaillez pas.

      Encore une chance, aujourd’hui, on a des lois sociales… pour l’instant.

  6. Dans le petit jeu des ressemblances William Harrison a un air d’Anthony Hopkins ou disons d’Hannibal Lecter pour rester dans le sujet.

  7. C’est super impressionant, un grand merci le maître de la boite pour ces photos. ça c’est de l’archive vraiment précieuse.

    par contre il semble y avoir une erreur…
    une photo d’un gamin disant que c’est : » Henry Leonard Stephenson, 12 ans, reconnu coupable d’entrée par effraction dans des maisons, condamné à 2 mois  » – en photo 32 ( à mon avis c’est la bonne)

    cette même photo se retrouve un peu plus haut :  » James Scullion, 14, reconnu coupable d’avoir volé des vêtements, condamné à 14 jours de travaux forcés »
    je crois que tu as mis la photo n°32 là alors qu’il faudrait mettre une autre photo n°27 à la place.

    encore merci c’est magnifique, autant pour la photo en elle même que le motif de leur arrestation (incroyable ! )

      1. certaines légendes semble être traduite à la machine, je me trompe?

        « Ellen Woodman, 11, reconnu coupable d’avoir volé de fer, condamné à 7 jours de travaux forcés »

        ça serait mieux « Ellen Woodman, 11 ans, reconnu coupable d’avoir volé du fer, condamné à 7 jours de travaux forcés »

          1. Si on veut chipoter, on mettrait un e à reconnu et condamné… mais là je fais mon instit…. un super blog de ce genre (aussi riche) peut se permettre des coquilles !
            Sinon j’ai adoré cet article : les peines variables pour un même larcin, la teneur des « crimes » (souvent pour subsister), tout ce que ces photos nous apportent au niveau historique (peine des enfants, pauvreté, vieillesse prématurée) et les pauses néanmoins « élégantes » face au photographe.
            Merci le Maître.

  8. L’Europe du 19 me siècle :
    Tolérance zéro afin d’éradiquer la délinquance .
    Respect de la propriété et du travail .
    Répression des mauvais instincts ( paresse , lascivité , etc ).
    Conformisme social …
    Tout ça pour accoucher d’une société violente et frustrée qui s’est défoulée sur les populations coloniales et des pseudo- ennemis lors du premier conflit mondial .
    Comme c’est dur , inventer un monde sans victimes …

  9. Edward Shevlin, Robert Hardy, William Smith, on voit dans leur regard le génie humain, l’intelligence à l’état pur. Je suis sur qu’ils ont marqué leur époque de réflexions très poussées.

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