The Negro Travelers’ Green Book, le guide de voyage avant les droits civiques aux USA

Imprimé pour la première fois en 1936 jusqu’en 1966 et l’avènement des lois sur les droits civiques des personnes de couleur, The Negro Travelers’ Green Book représentait une ressource précieuse pour les voyageurs noirs à l’intérieur des États-Unis. Ce livre se voulait un guide pour voyageurs, rédigé avec de l’humour et une écriture assez plaisante. Les informations pratiques permettaient aux personnes contraintes par le racisme d’éviter certains lieux, où de trouver ceux dans lesquels elles seraient acceptées à l’époque, puisque la ségrégation raciale était hélas encore en vigueur dans la plupart des états américains.

Cet extrait de l’édition de 1949 précise que :

« Il y a des milliers de commerces de premier choix que nous ne connaissons pas et que nous ne pouvons lister, que nous serions ravis d’offrir au voyageur, mais il est difficile de s’assurer de lister ces endroits puisque nous n’arrivons pas à avoir assez d’agents pour nous envoyer les informations. Chaque année avant d’imprimer la nouvelle édition les nouvelles informations sont incluses dedans. Quand vous voyagez, merci de mentionner The Green Book aux lieux qui vous accueillent, de façon à ce qu’ils puissent savoir comment vous les avez trouvés, puisqu’ils peuvent voir que vous êtes des voyageurs. S’ils n’ont pas entendu parler de ce guide, demandez-leur de se mettre en contact avec nous pour qu’on puisse les lister. […] Il y aura un jour quelque part dans un futur proche où ce guide n’aura plus à être publié. Ça sera le cas quand nous, en tant que race, aurons une égalité d’opportunités et de privilèges aux États-Unis. Ça sera un grand jour pour nous d’arrêter cette publication car ça voudra dire qu’on pourra aller où on le souhaite, quel que soit l’endroit et sans aucune gêne. Mais jusqu’à ce que ce temps soit venu nous continuerons à publier notre guide à votre service chaque année ».

Il existe 21 volumes en version numérisée de cette collection de Green Book, grâce au travail du Centre Shomburg pour la recherche en Culture Noire, de la Bibliothèque Publique de New-York, consultables gratuitement sur ce lien.