Quand la restauration révèle une baleine, une blonde et un chieur

baleine-restauration-tableau-Anthonissen-01

Ce tableau « View of Scheveningen Sands » de Hendrick van Anthonissen a été peint en 1641 et pendant au moins 150 ans il a été exposé dans un musée de Cambridge jusqu’à ce qu’en 2014 Shan Kuang, une étudiante chargée de sa restauration fasse une découverte étonnante.

Alors qu’elle enlevait le vernis du tableau, un personnage qui semblait se tenir sur l’eau à l’horizon est apparu, juste au-dessus d’une zone plus mal peinte. Une fois nettoyée, petit à petit, une baleine échouée sur la plage s’est révélée.

La baleine avait probablement été recouverte entre 1641 et 1873 par un de ses propriétaires pour rendre la peinture plus acceptable comme objet de décoration.

View of Scheveningen sands, by Hendrick van Anthonissen

baleine-restauration-tableau-Anthonissen-03

Cette peinture d’une femme à la fenêtre a été peinte dans le nord de l’Italie en 1510 par un auteur inconnu et est exposée à la National Gallery de Londres.

blonde-fenetre-tableau-01

Malheureusement, sa seule reproduction disponible avant 1978 est en noir et blanc.
C’est la date à laquelle un restaurateur qui enlevait le vernis et ce qu’il croyait être de mauvaises réparations de la peinture s’est aperçu qu’en réalité ces pigments avaient été utilisés pour masquer la superbe chevelure blonde de la jeune femme.

Au fur et à mesure de ce travail, il a découvert que ce n’était pas la seule zone à avoir été modifiée, mais que les yeux avaient été aussi complètement transformés et que la poitrine avait été atténuée, vraisemblablement au 19e siècle pour l’adapter à la pudibonderie de la période.

blonde-fenetre-tableau-02

Celle-ci est de Adriaen van Ostade en 1643 et représente un marché dans un village avec une église en arrière plan.

A Village Fair, with a Church behind

Les restaurateurs étaient en train de le nettoyer l’an dernier pour une exposition quand ils ont remarqué qu’un arbuste dans le coin inférieur droit avait été en réalité peint bien plus récemment au-dessus de l’original.

Une fois cette peinture enlevée ils ont eu la surprise de découvrir que derrière le buisson se cachait un personnage accroupi en train de soulager un besoin naturel.

Van-Ostade-A-Village-Fair-apres

Les peintres néerlandais plaçaient régulièrement des animaux ou des humains en train d’uriner ou de déféquer dans leurs tableaux possiblement dans un souci de réalisme, mais peut-être aussi pour rappeler aux spectateurs qu’au final on est tous pareils et qu’on doit se soumettre à la nature de temps en temps.

La peinture fut acquise par le futur roi George IV en 1810, la petite blague scatophile ne le dérangeant visiblement pas trop et c’est comme ça qu’elle fit son entrée dans la Royal Collection.

Le chieur a probablement été recouvert de feuillage pour le censurer lors de la dernière restauration du tableau en 1903 lorsqu’il a été déplacé à Buckingham Palace.

comparaison-peinture-caca-buisson