Quand l’opinion publique désapprouvait les parapluies

Jonas Hanway se rit de l'averse grâce à son parapluie (Photo: Bettmann/Getty Images)
Jonas Hanway se rit de l’averse grâce à son parapluie

Un homme excentrique appellé Jonas Hanway a commencé à porter un parapluie pour se déplacer dans Londres au début des années 1750. Il revenait alors de France ou le parapluie était en très en vogue. Son accessoire a fait grandement débat et provoqué des chocs dans l’opinion publique. On reprochait à l’objet toutes sortes de choses : qu’il était trop efféminé pour être utilisé par un homme, qu’il était une preuve de l’affaiblissement du caractère, qu’il était trop français (hérité du parasol). On trouvait que son utilisation était tabou et ridicule.

Les conducteurs de fiacre et ceux qui proposaient des services de chaises à porteur ont pris Jonas Hanway en grippe et l’ont agressé à plusieurs reprises dans la rue. Ces moyens de transport étaient très utilisés lorsqu’il pleuvait et le parapluie promu par Hanway leur semblait de nature à leur faire perdre de l’argent (ce qui était exact).

Hanway a continué d’utiliser fièrement son parapluie et il a fini par faire des émules dans toute l’Angleterre. Trois mois après sa mort en 1786 une publicité paraissait dans la London Gazette, au grand dam des conducteurs de fiacre. On y vantait « la manufacture des nouveaux parapluies inventés par Gatward », faciles à ouvrir et refermer grâce à leur mécanisme à ressort. Le progrès était en marche.

Des parapluies dans les rues de paris, 1803. Peinture par Louis-Léopold Boilly. (Photo: Public Domain)
Des parapluies dans les rues de paris, 1803. Peinture par Louis-Léopold Boilly.
Jonas Hanway, Esquire, 1781. (Photo: Wellcome Images, London/CC BY 4.0)
Jonas Hanway, Esquire, 1781. (Photo: Wellcome Images, London/CC BY 4.0)